Après la pluie...

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Après la pluie...

Message  Tfisa le 10/09/09, 06:07 am









Après le pluie monter en haut de la tour admirer les montagnes, Shangguan Zhou, époque Qing (ère Qialong), encre sur papier, collection Papp.





Shangguan Zhou s'inscrit, par cette oeuvre, en digne héritier du peintre-lettré Mi Fu. L'influence du taoïsme est ici évidente et il va être tenté une brève lecture de cette oeuvre à la lumière de cette philosophie que je souhaite ne pas trahir. Concision et brièveté qui se voudraient sous influence taoïste. Exit le superflu...


Le Tao est le Vide (ou le Principe) empli de potentialités. L'univers est l'expression de cette puissance animée par le Qi . Tout va et vient au Tao. Le souffle Qi, cette matrice, n'est pas activement dans la participation de la création, de la tournure du monde, mais subit l'influence du temps dans une perspective cyclique.


Vivre, c'est un hasard du temps ; mourir, c'est se conformer à la loi de la nature. Je jouis de ce hasard et obéit à cette loi ; aucune joie ni tristesse ne peuvent pénétrer dans mon cœur.(1)


Au trait bref, l’alacrité du peintre traversé par le Qi, présence-absence intime. Exhalaisons pétrichor d’une terre après l’ondée. La brume s’étend entre les monts, le ciel, l’homme, la terre. Alliance effacée disant le temps incessible et la fluence de l’encre diluée
jusqu’à la pâleur suggestive du Non-Etre. Face à elle, avec elle, en concert ying et yang, entrelacs élémentaires en l’accentuation pétrée des montagnes mâles où vibrent les pinèdes en saccades pulsatiles horizontales et verticales. L’Ayant-Etre.


Atermoiement non intentionnel de sa propre mort, éternité qu’il ne s’agit d’avouer… Philosophie intuitive et perceptive, irréductible au verbe-connaissance.

La voie qui a voix n’est pas la vraie Voie.(2)


Terre et Ciel sont éternels de ne pas vivre pour soi.(2)


Le contemplatif, visage inexpressif, se tient sous une fragile cahute ouverte au Souffle, ainsi une colonne vulnérable de bois et du monde, fusionnant tant avec l’instantanéité du geste indéterminable du peintre, que la nature animée.


Le ciel et la terre furent engendrés avec moi, les dix mille êtres ne faisons qu'un. (1)



La Voie, dans l'univers des choses,
est évanescente, insaisissable.

Evanescente et trouble,
elle recèle en son sein un objet.
Indistincte et obscure,
elle recèle en son sein une essence.
Cette essence est très réelle
car la vérité est en elle.
De jadis à aujourd'hui
le Nom seul jamais ne faillit […] (2)



1 : Citations de Zhuangzi (Tchouang-Tseu)
2 : Le Livre de la Voie, Laozi (Lao-Tseu)

Source : Catalogue de l'exposition Le parfum de l'encre, peintures chinoises de la collection Roy et Marylin Papp (exposition temporaire, musée Cernuschi, Paris, 1999)
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